Réindustrialisons en France : vers une industrie innovante et créatrice d'emplois

Ce qu'il faut retenir

1

Viser les meilleurs standards technologiques et sortir d’une logique unique de coûts

Depuis quelques années se multiplient des signaux positifs sur la dynamique industrielle en France. L’évolution des coûts salariaux notamment a été plus modérée qu’en Allemagne, entraînant un redressement du taux de marge dans l’industrie française. Cette amélioration permet aux industriels d’investir et d’innover à un rythme plus soutenu, et donc de monter en gamme, enclenchant ainsi un cercle vertueux de compétitivité. Cette capacité à se hisser au top des standards technologiques est fondamentale, de même que l’évolution des modèles économiques vers toujours plus de services à forte valeur ajoutée, des cycles de production plus courts et plus agiles, capables de se reconfigurer en fonction des besoins et attentes clients. Une industrie forte dépend aussi de sa bonne connaissance du client final, de sa compréhension des grandes tendances et de sa capacité à s’y adapter. Produire au meilleur coût est indispensable, mais pas suffisant.

2

Mettre les compétences au cœur des métiers de l'industrie

Les dirigeants d’industrie que nous avons rencontrés dans le cadre de cette publication sont unanimes : mettre en place des projets de transformation n’aurait jamais été possible sans les compétences et l’engagement de leurs collaborateurs. Cela passe par une revalorisation des métiers industriels, des plans de formation massifs pour assurer la montée en compétences, de nouvelles organisations qui laissent plus de place à l’autonomie et à la transversalité.

3

Recréer des solidarités industrielles de proximité

Le modèle industriel français est plutôt organisé à partir de grands groupes de taille mondiale, avec un siège social à Paris, éloigné géographiquement des usines réparties sur le territoire. Le modèle allemand du Mittelstand se caractérise, quant à lui, par des Entreprises de Taille Intermédiaire (même si certaines comptent en 2020 beaucoup plus que 5 000 salariés), avec un siège social au cœur des usines, celles-ci étant très concentrées et attachées à un territoire donné. Le rapport aux délocalisations d’activités existantes, ou le choix de localisation d’activités nouvelles (en Europe ou dans le monde) est nécessairement différent. Il est cependant indispensable que les grands groupes français jouent pleinement le jeu de la solidarité avec les acteurs de leur chaîne de valeur, et contribuent au mouvement de relocalisation.

4

Faire de la production française une tendance durable en phase avec la transition écologique

Dans les années 90 s’est développé le concept d’« industrie sans usine » dans une période où la tendance était à l’accélération de la mondialisation, avec une explosion des chaînes de valeur et un fort mouvement de délocalisation vers des pays à faible coûts salariaux. L’heure est désormais à la relocalisation. Tout l’écosystème, tiré par les grands groupes, a besoin de se mettre en mouvement pour signaler ce changement de tendance vers une industrie plus locale, proche de ses marchés et ainsi plus agile et moins impactante pour l’environnement. Ce mouvement est possible avec un fort degré de digitalisation, d’automatisation et d’innovation.