La dégradation de la conjoncture en 2025 s’observe dans tous les secteurs. L’Industrie et le Commerce connaissent une situation difficile, qui se maintient plus ou moins par rapport à l’année précédente. Le Tourisme, les Services et les Transports voient leur situation se dégrader, avec une activité en léger recul. La Construction est le secteur le plus en difficulté. Les perspectives pour 2026 s’améliorent dans presque tous les secteurs d’activité. Seules les TPE-PME des Services aux particuliers et des Travaux publics redoutent une conjoncture plus difficile en 2026 qu’en 2025.
Évolution anticipée de l’activité l’année suivante par secteur
INDUSTRIE : après une situation difficile en 2025, les dirigeants industriels anticipent un redémarrage de l’activité et des embauches en 2026. L’investissement résiste mieux que dans les autres secteurs.
- L’activité des TPE-PME industrielles a légèrement fléchi en 2025, alors que les carnets de commandes restent très peu remplis. Après un léger redressement au printemps, le solde d’opinion sur l’évolution de l’activité est reparti à la baisse au second semestre. La situation est contrastée au sein des différentes branches industrielles. D’un côté, la conjoncture s’est dégradée dans l’Industrie des biens d’équipements et des biens intermédiaires, qui affichent une dynamique particulièrement morose au regard du rythme moyen observée depuis 2000 dans ces branches. L’indicateur d’activité se maintient en revanche dans l’Industrie Agroalimentaire (IAA) et progresse dans l’Industrie des biens de consommation, même s’il y reste bien inférieur à sa moyenne historique. La dynamique d’embauches a peu évolué en 2025, sauf dans l’Industrie des biens d’équipements où elles ont nettement ralenti. Les embauches sont bien moins dynamiques qu’en moyenne par le passé, hormis dans l’IAA.
- La situation de trésorerie s’est dégradée courant 2025 et est jugée moins favorable qu’en moyenne par le passé dans l’ensemble des industries. En particulier, 36 % des TPE-PME de l’IAA jugent leur situation de trésorerie difficile (contre 30 % en moyenne tous secteurs confondus), une proportion en forte hausse sur un an (25 % fin 2024).
- L’investissement a mieux résisté dans l’Industrie que dans les autres secteurs. Plus de la moitié (52 %) des TPE-PME industrielles ont réalisé des investissements, une proportion en recul de 3 points sur un an mais pas si éloignée de son niveau de 2019 contrairement aux autres secteurs (inférieure de « seulement » 5 points contre −11 à −19 points dans les autres secteurs). Dans le détail, la dynamique d’investissement se stabilise globalement dans les industries des biens d’équipements, des biens intermédiaires et des biens de consommation, même si elle reste affaiblie au regard du rythme moyen observé depuis 2000. A l’inverse, l’investissement s’est fortement replié dans l’IAA : 51 % d’entre elles ont investi, soit 10 points de moins qu’il y a un an, et l’indicateur relatif à l’évolution des montants investis chute de 20 points (à -19, soit 18 points sous sa moyenne historique).
- Les perspectives pour 2026 s’améliorent. L’indicateur prévisionnel d’activité affiche la plus forte progression (+13 points sur un an, à +12) et atteint le niveau le plus élevé parmi les grands secteurs étudiés. Le rebond serait néanmoins modeste, l’indicateur restant nettement inférieur à sa moyenne historique (+20). Le regain d’optimisme touche toutes les branches industrielles. Les perspectives d’embauches s’améliorent également, sauf dans l’Industrie des biens d’équipements où elles se dégradent à nouveau. Les TPE-PME anticipent une amélioration de leur situation financière en 2026, avec à la fois une détente de leur situation de trésorerie et une hausse de leur rentabilité. L’investissement rebondirait en 2026. L’industrie est le seul secteur dans lequel la part de TPE-PME prévoyant d’investir se maintient (à 58 %) et reste proche de sa moyenne de long terme. L’indicateur sur l’évolution des dépenses d’investissement affiche par ailleurs la plus forte hausse sur un an (+6 points, à +13, contre +3 points à +10 tous secteurs confondus).
CONSTRUCTION : La conjoncture s’est sensiblement dégradée dans la Construction en 2025. Si les perspectives s’améliorent un peu du côté du bâtiment pour 2026, elles s’assombrissent un peu plus dans les Travaux publics.
- L’activité s’est contractée en 2025, aussi bien dans le Bâtiment que les Travaux publics. La Construction enregistre la plus forte baisse du solde d’opinion sur un an (−10 points, à −17). Les embauches ont un peu mieux résisté que l’activité mais sont restées peu dynamiques.
- Contrairement aux autres secteurs, la situation de trésorerie dans la Construction s’est améliorée au cours de l’année 2025 et est jugée plus confortable qu’en moyenne par le passé quel que soit le sous-secteur. La rentabilité s’est maintenue à un niveau relativement confortable, et s’est même nettement améliorée dans les Travaux publics.
- Les investissements se sont maintenus dans la Construction mais sont restés peu dynamiques. Les TPE-PME ont été un peu plus nombreuses à investir en 2025 : 45 %, soit +2 points par rapport à 2024, une proportion toutefois encore largement inférieure à son niveau juste avant la crise sanitaire (56 %). Le solde d’opinion sur l’évolution des montants investis est quasi stable dans le Bâtiment mais se redresse fortement dans les Travaux publics, partant d’un niveau très bas.
- La conjoncture resterait difficile en 2026, en particulier dans les Travaux publics. Les dirigeants du Bâtiment sont un peu plus confiants pour 2026, l’indicateur prévisionnel d’activité gagnant 6 points, à −9. Il reste toutefois nettement sous sa moyenne de long terme. Les perspectives s’assombrissent en revanche un peu plus dans les Travaux publics : l’indicateur recule de 5 points à −35, soit près de 30 points sous son niveau moyen de long terme, dans un contexte marqué par les incertitudes budgétaires et les élections municipales prévues en mars 2026. Les TPE-PME de ce sous-secteur anticipent une forte baisse de leurs carnets de commande sur les prochains mois (le solde d’opinion sur l’évolution future des carnets de commande s’y établit à −45, en baisse de 17 points sur un an). En effet, en général, l’activité des Travaux publics a tendance à se contracter en moyenne l’année des élections municipales et la suivante après une progression les deux années précédentes (cf. FNTP). Les perspectives d’embauches sont alignées avec les perspectives d’activité : en légère amélioration dans le Bâtiment, en dégradation dans les Travaux publics. Les perspectives d’investissement pour 2026 sont globalement stables dans les deux sous-secteurs, les dépenses d’investissement étant attendues particulièrement peu dynamiques dans les Travaux publics (le solde d’opinion sur l’évolution des montants investis s’établit 16 points sous sa moyenne de long terme).
COMMERCE : Après deux années de conjoncture difficile, les TPE-PME reprennent confiance pour 2026. L’investissement resterait très faible dans le secteur.
- La situation conjoncturelle reste dégradée en 2025. Le solde d’opinion sur l’évolution de l’activité est quasi stable sur un an à −18, un niveau très faible, à la fois au regard des autres secteurs et par rapport à sa moyenne de long terme (+12 entre 2000 et 2024). Dans le détail, l’activité a fortement ralentie dans le Commerce et Réparation automobile mais partant d’une situation encore confortable pour le sous-secteur en 2024 : l’indicateur perd 16 points sur un an à −21. L’indicateur d’activité recule plus modérément dans le Commerce de détail (−7 points) et progresse dans le Commerce de gros (+4 points) mais s’établit respectivement 24 et 33 points sous son niveau moyen de long terme. Les embauches ont ralenti dans l’ensemble des sous-secteurs en 2025. La dynamique d’embauches reste proche de celle observée en moyenne par le passé dans le Commerce et Réparation automobile.
- Le niveau de trésorerie s’est dégradé en 2025, plus particulièrement dans le Commerce de détail et le Commerce de gros. La situation de trésorerie reste relativement confortable dans le Commerce et Réparation automobile, l’indicateur ne perdant « que » 2 points et s’établissant à un niveau encore supérieur à sa moyenne de long terme.
- Les TPE-PME du Commerce ont été très peu nombreuses à investir. Seules 27 % déclarent avoir investi en 2025, une proportion en baisse de 5 points sur un an et près de 20 points inférieure à la moyenne de long terme (46 % entre 2000 et 2024).
- Les TPE-PME du Commerce se montrent plus optimistes pour 2026. L’indicateur prévisionnel d’activité rebondit de 10 points sur un an. La croissance resterait relativement faible pour le secteur, par rapport au rythme moyen observé par le passé. Les perspectives sont mieux orientées dans les Commerce et Réparation automobile, l’indicateur repassant même au-dessus de sa moyenne de long terme (+13 points à 0, contre −2 en moyenne depuis 2000). L’investissement peinerait en revanche à redémarrer, alors que la part de TPE-PME ayant l’intention d’investir continue de reculer (−3 points).
TRANSPORTS : Une activité au ralenti en 2025, qui pourrait redémarrer en 2026.
- La conjoncture s’est dégradée en 2025. À -8, le solde d’opinion perd 8 points sur un an, un niveau largement inférieur à sa moyenne historique. Les embauches se sont montrées également peu dynamiques (−5 points, à −8).
- La situation de trésorerie s’est légèrement tendue au cours de l’année 2025 mais reste proche de celle observée en moyenne historiquement. Les TPE-PME font part d’une rentabilité là aussi proche des niveaux moyens observés depuis 2000.
- Les TPE-PME des Transports ont été relativement peu nombreuses à investir en 2025 : 47 % d’entre elles, soit 4 points de moins qu’en 2024 et 13 points de moins qu’en moyenne depuis 2001. Le solde d’opinion sur les montants investis perd 2 points à −19, et s’enfonce un peu plus sous sa moyenne de long terme (−1). Les TPE-PME sont particulièrement exposées à la concurrence (44 % la citent comme un obstacle à l’investissement, une proportion en hausse de 4 points sur un an, contre 35 % en moyenne tous secteurs confondus).
- Les perspectives pour 2026 s’améliorent. L’indicateur prévisionnel d’activité progresse de 9 points sur un an et s’établit à 0, ce qui signifie qu’autant de dirigeants s’attendent à voir leur chiffre d’affaires progresser en 2026 que diminuer. L’indicateur se rapproche de sa moyenne de long terme : il n’y est inférieur « que » de 4 points contre 9 à 14 points en-dessous dans les autres secteurs. La situation financière pourrait s’améliorer en 2026, les TPE-PME des Transports tablant sur une détente de leur situation de trésorerie à court terme et une meilleure rentabilité qu’en 2025.
TOURISME : La conjoncture semble se stabiliser.
- La conjoncture est un peu moins bonne en 2025 qu’en 2024, mais s’est stabilisée au second semestre. Le solde d’opinion enregistre un recul de 6 points sur un an, à −8, mais se stabilise sur six mois après un recul continu depuis 2022 (tandis qu’il diminue sur le second semestre dans les tous les autres secteurs). Les embauches freinent fortement, le solde d’opinion perdant 10 points sur un an à −14.
- La rentabilité a diminué en 2025. A -22, le solde d’opinion chute de 8 points sur un an et s’écarte sensiblement de son niveau moyen de long terme (−8). Désormais, 34 % des TPE-PME du Tourisme jugent leur rentabilité mauvaise (+5 points sur un an, contre 27 % tous secteurs confondus et 25 % en moyenne depuis 2000). La situation de trésorerie est globalement stable, proche de celle observée en moyenne par le passé.
- Les TPE-PME du Tourisme sont moins nombreuses à investir, pénalisées notamment par la faiblesse de la demande. 34 % des TPE-PME du Tourisme déclarent réaliser des investissements en 2025, une proportion en baisse de 7 points sur un an et inférieure de près de 20 points à sa moyenne de long terme. Le solde d’opinion sur l’évolution des montants investis se redresse légèrement après une forte chute l’an dernier, mais reste nettement sous son niveau moyen de long terme. Les TPE-PME du Tourisme perçoivent de plus en plus l’insuffisance de demande et la faiblesse de la rentabilité comme des obstacles à l’investissement (respectivement +11 et +6 points sur un an, à 64 % et 49 %).
- Les perspectives pour 2026 s’améliorent très légèrement. L’indicateur prévisionnel d’activité gagne 2 points mais reste, à -2, en territoire négatif et nettement sous sa moyenne de long terme (+8). Les perspectives d’investissement sont un peu mieux orientées en 2026, le solde d’opinion progressant de 3 points sur un an pour rejoindre sa moyenne de long terme.
SERVICES : L’activité resterait peu dynamique dans les Services aux entreprises et la conjoncture continuerait de se dégrader dans les Services aux particuliers en 2026.
- L’activité a stagné en 2025 dans les Services. C’est le secteur qui affiche le solde d’opinion le plus élevé, quasiment à l’équilibre (-1). Celui-ci recule toutefois de 7 points sur un an. Le recul reste modéré dans les Services aux entreprises (-5 points, à 0), il est plus marqué dans les Services aux particuliers (-17 points, à -13). La dynamique d’embauches se maintient globalement, même si elle reste bien moindre qu’en moyenne sur le passé. Elle diminue en revanche dans les Services aux particuliers, où l’activité est plus affectée.
- La situation de trésorerie s’est dégradée en 2025. Le solde d’opinion sur le niveau de la trésorerie diminue légèrement dans les Services aux entreprises (-2 points, à -10, proche de sa moyenne de long terme) et plus fortement dans les Services aux particuliers, où l’indicateur perd 7 points, à -33, s’établissant très nettement sous son niveau moyen de long terme (-18). C’est dans ce sous-secteur que les difficultés de trésorerie sont les plus fréquentes : 38 % des TPE-PME jugent leur trésorerie difficile, soit la proportion la plus élevée au sein des sous-secteurs étudiés.
- Les investissements se sont tassés un peu plus en 2025. Les TPE-PME ont été moins nombreuses à investir en 2025 qu’en 2024 (33 %, soit -4 points sur un an) et nettement moins nombreuses qu’en moyenne par le passé (52 % entre 2000 et 2024), quel que ce soit le sous-secteur. Le solde d’opinion sur les montants investis recule de 5 points dans les Services aux entreprises, et progresse dans les Services aux particuliers après un net recul en 2024, tout en restant sous son niveau moyen de long terme.
- Les perspectives d’activité pour 2026 ne montrent pas de signe de rebond. A l’inverse des autres secteurs, le solde prévisionnel d’activité n’augmente pas : il se stabilise, à +8. Cette dynamique reflète celle des Services aux entreprises, tandis que les perspectives s’assombrissent légèrement dans les Services aux particuliers (-3 points, à +5).