La conjoncture des TPE-PME se dégrade à nouveau en 2025
Après une pause observée au printemps, l’indicateur d’activité repart nettement à la baisse au second semestre 2025. Le solde d’opinion sur l’évolution du chiffre d’affaires recule de 6 points en six mois et de 5 points sur un an, pour s’établir à -11, son plus bas niveau hors crises financière et sanitaire, comparable au niveau observé en 2013, année de croissance faible.
Les TPE-PME souffrent notamment d’un manque de débouchés.
Les carnets de commande demeurent peu remplis : à -22, l’indicateur est quasi stable sur un an mais très inférieur à sa moyenne de long terme (-7 sur 2000-2024). Ce déficit de débouchés pèse directement sur l’activité courante et limite les capacités de projection des entreprises.
Tous les secteurs sont en difficulté, la construction en première ligne
La dégradation conjoncturelle touche l’ensemble des secteurs. La Construction est la plus affectée, avec une chute de 10 points de son indicateur d’activité sur un an, à très bas niveau.
Le Tourisme, les Services et les Transports voient également leur activité se détériorer, avec des reculs de 6 à 8 points de l’indicateur d’activité, qui s’établit toutefois à des niveaux encore supérieurs à ceux des autres secteurs.
L’Industrie et le Commerce restent en difficulté. L’indicateur d’activité se stabilise plus ou moins par rapport à l’an passé, à très bas niveau.
Les embauches continuent de se tasser.
Le solde d’opinion sur l’évolution des effectifs recule de 6 points en six mois pour atteindre -4, un niveau comparable à celui observé en 2013. En parallèle, les difficultés de recrutement continuent de s’atténuer : 25 % des TPE-PME déclarent rencontrer des difficultés importantes, soit 20 points de moins qu’il y a trois ans, et un niveau bien inférieur à la moyenne de long terme.
30 % des dirigeants jugent leur situation de trésorerie difficile
Une proportion en hausse de 3 points sur le semestre, mais proche de sa moyenne de long terme (29 %). En effet, la situation financière des TPE-PME s’est de nouveau tendue en 2025. Le solde d’opinion sur la situation de trésorerie récente fléchit de 3 points à -17, sous sa moyenne historique. La trésorerie reste bien plus confortable qu’en 2013, période durant laquelle les tensions de trésorerie étaient nettement plus aiguës.
Seules 2 % des TPE-PME concernées craignent de ne pas pouvoir rembourser leur PGE, une proportion en baisse par rapport au printemps.
Malgré la dégradation financière et l’arrivée à échéance des remboursements pour une partie des entreprises, les inquiétudes liées aux Prêts Garantis par l’État (PGE) ne progressent pas.
Dans le même temps, la consommation et le remboursement des PGE augmentent : 64 % des bénéficiaires les ont désormais entièrement consommés (+9 points sur un an), et près de la moitié auraient remboursé intégralement leur prêt d’ici fin 2025 (+21 points par rapport à fin 2024).
Seules 39 % des TPE-PME déclarent avoir investi en 2025, contre 55 % en moyenne depuis 2001, un plus bas historique.
L’investissement est particulièrement affecté cette année. L’indicateur relatif à l’évolution des montants investis perd 2 points sur un an. À -13, il s’éloigne sensiblement de sa moyenne historique (-3). Les investissements verts reculent également : 23 % des TPE-PME en ont réalisé en 2025, soit -11 points sur un an.
La faiblesse de la demande reste le principal frein à l’investissement, citée par 61 % des dirigeants.
Le coût du crédit constitue toujours un obstacle majeur, bien plus cité qu’avant la crise sanitaire (par 40 % d’entre eux). Les incertitudes politiques et budgétaires persistantes pèsent également sur les décisions d’investissement des dirigeants.
Après deux années difficiles, les perspectives s’améliorent. La reprise anticipée pour 2026 reste modeste.
L’indicateur prévisionnel d’activité rebondit de 7 points sur un an et repasse en territoire positif à +4, même s’il reste nettement inférieur à sa moyenne historique (+15). Ce regain d’optimisme concerne presque tous les secteurs. Les TPE-PME industrielles se distinguent nettement, avec la plus forte progression des perspectives d’activité (+13 points) et des intentions d’investissement plus résilientes que dans les autres secteurs.
Les perspectives d’embauches et d’investissement demeurent contenues, traduisant une certaine prudence de la part des dirigeants. La transformation de ce regain d’optimisme en croissance durable dépendra étroitement de l’évolution de la demande et de l’environnement macroéconomique.
Les données de l'enquête