En 2025, la conjoncture s’est avérée morose sur l’ensemble du territoire. La situation s’est toutefois améliorée dans trois régions : la Normandie, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et les Pays de la Loire. Les TPE-PME normandes tirent leur épingle du jeu : elles présentent également une dynamique d’embauches favorable, une trésorerie préservée et un investissement résilient bien que moins dynamique que par le passé. Les perspectives d’activité pour 2026 sont bien orientées dans la plupart des régions, à l’exception de l’Occitanie. L’activité resterait toutefois moins dynamique qu’en moyenne par le passé, hormis en Normandie où l’indicateur prévisionnel d’activité rejoint sa moyenne de long terme.
Évolution du chiffre d’affaires et des effectifs pour 2025
En 2025, la conjoncture reste morose sur l’ensemble du territoire. La situation s’améliore toutefois dans trois régions : la Normandie, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et les Pays de la Loire.
Fin 2025, la situation économique des TPE-PME est difficile sur l’ensemble du territoire. Le chiffre d’affaires est estimé en recul sur l’ensemble de l’année dans toutes les régions sans exception, de −1 % à −3 %. La situation s’améliore toutefois par rapport à 2024 dans trois régions : les Pays de la Loire, la Normandie et la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans ces trois régions, l’indicateur d’activité progresse de 2 à 5 points sur un an. Il atteint des niveaux plus élevés que dans les autres régions (−4 à −6 contre −9 à −17 dans les autres régions) mais reste néanmoins bien inférieur à sa moyenne de long terme.
À l’inverse, la conjoncture s’est dégradée dans les autres régions, et plus particulièrement dans les Hauts-de-France et en Occitanie. Ces deux régions enregistrent le plus fort recul de l’indicateur sur un an : respectivement −12 et −13 points. Le solde d’opinion sur l’évolution du chiffre d’affaires recule de 8 points en Île-de-France et de 2 à 5 points dans les autres régions.
La conjoncture est peu porteuse dans le Grand-Est, où les prévisions de mi-année ont été nettement revues à la baisse. Le solde d’opinion recule de 11 points ce semestre, et de 4 points sur un an, et s’établit, à −17, au plus bas niveau au sein des régions françaises. Le chiffre d’affaires est attendu en recul de 3,5 % en moyenne, soit la croissance régionale la plus faible.
L’Auvergne-Rhône-Alpes se distingue également par la faiblesse de l’indicateur d’activité au regard de sa moyenne de long terme : à −12, il s’établit 25 points sous sa moyenne de long terme, soit l’écart le plus important parmi les différentes régions.
Évolution du chiffre d’affaires pour l’année en cours par région
(Solde d’opinion, en %)
La dynamique d’embauches en 2025 varie selon les régions. Elle s’améliore nettement en Normandie mais se tasse fortement en Bretagne.
L’indicateur d’emploi progresse franchement en Normandie. Il gagne 12 points sur un an et repasse ainsi au-dessus de sa moyenne historique, là où il y est très inférieur dans les autres régions. C’est la seule région qui affiche un indicateur positif, traduisant un nombre plus important de dirigeants rapportant une hausse de leurs effectifs qu’une baisse en 2025.
Les embauches se sont en revanche nettement tassées en Bretagne, qui enregistre la plus forte baisse de l’indicateur (−11 points), et dans une moindre mesure dans le Grand-Est, l’Île-de-France, les Pays de la Loire et la Bourgogne Franche-Comté (−6 à −5 points). La dynamique d’embauches reste relativement stable dans les autres régions.
La situation de trésorerie est plus souvent jugée difficile en Occitanie et en Centre-Val de Loire. La Normandie se distingue encore, les TPE-PME de la région affichant une nette amélioration de leur trésorerie, à un niveau relativement confortable.
En Normandie, les TPE-PME ont vu en moyenne leur trésorerie s’améliorer nettement en 2025 et la jugent bien plus confortable qu’en moyenne par le passé. Le solde d’opinion sur le niveau de trésorerie récente gagne 6 points sur un an à −9, et s’établit ainsi 10 points au-dessus de sa moyenne de long terme (contre un écart de −6 points à +1 point dans les autres régions). Les TPE-PME de Nouvelle-Aquitaine font également part d’une amélioration (plus modeste) de leur situation de trésorerie en 2025 (+3 points).
La situation de trésorerie s’est à l’inverse nettement tendue en Bourgogne-Franche-Comté (−12 points), en Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Grand-Est (−8 points), en Bretagne et Centre-Val de Loire (−7 points), en Provence-Alpes-Côte d’Azur (−6 points) et en Occitanie (−3 points). C’est en Occitanie et en Centre-Val de Loire que la part de TPE-PME jugeant leur trésorerie difficile est la plus élevée (33 % contre 30 % en moyenne au niveau national).
Jugement moyen sur la trésorerie récente par région
(Solde d’opinion en %)
Les TPE-PME sont moins nombreuses à investir, en particulier en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie. La Normandie fait, là encore, exception.
La Normandie est la seule région dans laquelle les TPE-PME ont été plus nombreuses à investir que l’an passé : 48 % d’entre elles ont investi en 2025, soit +6 points sur un an. Cette proportion est par ailleurs moins éloignée de sa moyenne régionale (52 %) que dans les autres régions. Les TPE-PME normandes sont désormais les plus nombreuses en proportion à investir, à égalité avec les TPE-PME des Pays de la Loire.
La part de TPE-PME réalisant des investissements diminue partout ailleurs, le plus fortement en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en Occitanie : 32 % des TPE-PME provençales et 36 % des TPE-PME occitanes ont investi en 2025, des proportions en recul de respectivement 7 et 10 points sur un an, très éloignées de leur moyenne de long terme (proche de 50 % en moyenne). Seules les TPE-PME franciliennes investissent relativement moins (30 % d’entre elles en 2025), mais le taux de TPE-PME réalisant des investissements est habituellement plus bas en Île-de-France (40 % en moyenne entre 2010 et 2024).
Les investissements se sont nettement tassés en Bourgogne-Franche-Comté, en Nouvelle-Aquitaine et dans les Pays de la Loire, où l’indicateur relatif aux montants investis chute de 6 à 7 points sur un an. Il atteint un niveau particulièrement bas pour la région dans les Pays de la Loire (−17, soit près de 20 points sous sa moyenne historique). Ils ont reflué dans une moindre mesure en Auvergne-Rhône-Alpes, dans le Grand-Est et en Occitanie (−2 à −3 points).
Les investissements restent moins dynamiques que par le passé dans les autres régions. Le solde d’opinion sur les dépenses d’investissement se stabilise en Île-de-France et progresse dans les autres régions, en particulier en Centre-Val de Loire (+8 points sur un an). Il demeure toutefois sous son niveau moyen de long terme, même s’il s’en approche en Centre-Val de Loire, en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (4 à 5 points inférieur contre 11 points en-dessous au niveau national).
Évolution régionale de l’investissement en 2025
Les perspectives d’activité pour 2026 sont bien orientées dans la plupart des régions. Les TPE-PME occitanes sont les moins confiantes.
Évolution régionale de l’activité et des effectifs pour 2026
L’indicateur prévisionnel d’activité progresse sensiblement dans les Hauts-de-France (+18 points sur un an), la Bourgogne-Franche-Comté, la Normandie et les Pays de la Loire (+16 points dans chacune des trois régions). Il progresse également en Auvergne-Rhône-Alpes (+10 points), en Nouvelle Aquitaine (+9 points), dans le Grand-Est (+6 points), en Bretagne (+5 points) et en Île-de-France (+3 points). Il est quasi stable en Centre-Val de Loire et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Malgré l’amélioration des perspectives d’activité pour 2026, la croissance du chiffre d’affaires resterait modeste, l’indicateur s’établissant toujours sous son niveau moyen de long terme. Seule la Normandie retrouverait une dynamique d’activité proche de celle observée en moyenne depuis 2010.
Les TPE-PME occitanes sont moins optimistes pour 2026. À l’inverse des autres régions, l’Occitanie affiche une baisse de l’indicateur prévisionnel d’activité (−2 points sur un an, à −2). L’activité serait particulièrement peu dynamique par rapport aux autres régions (niveau régional le plus bas avec le Grand-Est), et par rapport à la tendance moyenne en Occitanie (l’indicateur se situe 14 points sous sa moyenne 2010-2024, un écart plus important que sur le reste du territoire).
Évolution du chiffre d’affaires pour l’année suivante par région
(Solde d’opinion, en %)
Les TPE-PME restent toutefois prudentes sur leurs embauches. L’indicateur prévisionnel d’emploi progresse plus modérément que celui relatif à l’activité, voire diminue légèrement dans certaines régions. Il enregistre la plus forte hausse dans les Hauts-de-France (+7 points) et la plus forte baisse dans le Grand-Est (−6 points). Là aussi, la dynamique d’embauches resterait plus mesurée qu’en moyenne par le passé hormis en Normandie, région dans laquelle l’indicateur rejoint son niveau moyen historique.
Les TPE-PME ne prévoient pas de nouvelle érosion de leur situation de trésorerie au cours des six prochains mois. La trésorerie se détendrait particulièrement en Bourgogne-Franche-Comté (+15 points sur un an) et en Centre-Val de Loire (+11 points), ainsi qu’en Nouvelle-Aquitaine, dans les Pays de la Loire et en Normandie (+7 à +9 points).
L’investissement resterait peu dynamique en 2026. Le solde d’opinion sur l’évolution anticipée des dépenses d’investissement progresse globalement, sauf en Normandie où il recule de 3 points. Il reste toutefois 3 à 6 points sous sa moyenne de long terme dans toutes les régions, à l’exception de la Provence-Alpes-Côte d’Azur et des Pays de la Loire, qui enregistrent par ailleurs une forte progression de l’indicateur (respectivement +6 et +9 points). Les TPE-PME provençales resteraient toutefois relativement peu nombreuses à investir, la part d’intentionnistes diminuant de 7 points sur un an au plus bas niveau parmi les différentes régions françaises (35 %).
À l’occasion de la 82e édition du baromètre semestriel de conjoncture, Bpifrance Le Lab a interrogé près de
40 000 entreprises des secteurs marchands non agricoles, de 1 à 249 salariés et réalisant moins de 50 M€ de chiffre d’affaires, ont été interrogées aux printemps 2025. 4 722 réponses reçues entre le 5 novembre et le 2 décembre 2025, jugées complètes et fiables, ont été exploitées au niveau national et ont fait l’objet de déclinaisons pour l’ensemble des régions excepté la Corse et les Outre-Mer dont le nombre de réponses est insuffisant.
Nous mettons à disposition la série de données issue de ce baromètre.