Les QPV ne sont pas des déserts entrepreneuriaux : 750 000 individus sont dans la chaîne entrepreneuriale
Celle-ci regroupe tous les Français engagés dans une dynamique entrepreneuriale : des intentionnistes, ceux qui envisagent de créer ou reprendre une entreprise sans avoir encore agi, jusqu’aux porteurs de projet, chefs et ex-chefs d’entreprise.
Néanmoins les résidents des QPV, qui représentent 7 % de la population française, ne constituent que 4 % des participants à la chaîne. Le potentiel est là mais n’est pas encore pleinement activé.
1 intentionniste sur 2 veut être son propre patron
Parmi les intentionnistes des QPV, les motivations les plus cités sont :
- L’indépendance : 1 sur 2 cite la volonté d’être son propre patron
- Réaliser un rêve : 1 sur 4
- Augmenter ses revenus : 1 sur 5
L’envie d’entreprendre en QPV est à la fois une aspiration sincère et une réponse concrète à une situation professionnelle qui ne satisfait pas 6 intentionnistes sur 10.
Les habitants de quartiers prioritaires de la ville affichent des aptitudes entrepreneuriales supérieures à la moyenne nationale
Parmi les habitants des QPV inscrits dans la chaîne entrepreneuriale, 9 sur 10 s’estiment aptes à décider, négocier et présenter des résultats, contre 8 sur 10 au niveau national. Et 8 habitants des QPV sur 10 considèrent l’échec comme une expérience utile dans une carrière, là encore devant la moyenne française (7 sur 10). La peur du risque ? 7 intentionnistes sur 10 en QPV citent l’entrepreneuriat comme leur choix de carrière idéal, plus que dans le reste du pays (6 sur 10).
Pourtant, ils passent plus rarement à l’acte d’entreprendre
C’est le paradoxe central de cette édition. Parmi les intentionnistes de QPV, seul 1 sur 6 envisage de passer à l’acte dans l’année. L’étude révèle aussi que 35 % des intentionnistes n’expriment aucune crainte particulière, non pas parce qu’ils sont prêts, mais parce que la réflexion n’a pas encore vraiment commencé. Il s’agit plutôt d’intentionnistes attentistes, loin du passage à l’acte.
Les vrais freins ne sont pas psychologiques : ils sont économiques et relationnels
Si ce n’est ni le manque de confiance ni la peur de l’échec, qu’est-ce qui bloque ? L’étude est précise. Les trois freins à l’entrepreneuriat dans les quartiers sont :
- Un revenu jugé insuffisant ou trop instable ;
- Le poids des responsabilités et du stress ;
- Le niveau d’investissement financier perçu comme trop élevé.
Avant même l’accompagnement professionnel, c’est le cercle de proximité qui fait la différence. La priorité pour l’entrepreneuriat dans les QPV est de stimuler le soutien de l’entourage proche. C’est le frein le plus décisif à lever.
Conclusion
Les habitants des QPV ont envie d’entreprendre et la confiance pour. Ce qui leur manque, c’est un environnement économique, social, financier qui permet de transformer l’intention en acte. Identifier précisément ces leviers est la condition préalable à une action efficace. C’est la mission de Bpifrance Le Lab.
Méthodologie
L’Indice entrepreneurial français (IEF) mesure l’appétence à entreprendre des Français sous deux dimensions : l’engagement entrepreneurial et la culture entrepreneuriale. L’édition 2025 repose sur deux enquêtes réalisées par l’Ifop pour Bpifrance Le Lab :
- une enquête nationale en ligne (4 990 personnes, 13-26 juin 2025)
- une enquête spécifique auprès des résidents des QPV par téléphone (501 personnes, 1-10 juillet 2025).
Ce volet s’appuie sur le nouveau découpage territorial des QPV en vigueur depuis janvier 2024, portant leur population à 5,3 millions d’habitants en France métropolitaine.